Pour la troisième fois consécutive, Lyon s'arrête au stade des quarts de finale de la Ligue des Champions en s'inclinant 1-3 à Milan, avec deux buts encaissés dans les derniers instants de la partie. Lyon a payé cash ses erreurs individuelles. Le rêve européen se brise.
Lyon avait rendez-vous avec l'histoire mardi soir. En concédant le match nul à domicile il y a une semaine à Gerland (0-0), les Rhodaniens conservaient leurs chances intactes de se hisser, pour la première fois, en demi-finales de la prestigieuse Ligue des Champions. Pour réaliser cet exploit et forcer la décision, Gérard Houllier avait concocté un onze de départ offensif puisque Pedretti et Clément que l'on pensait en balance pour remplacer Tiago, suspendu, prenaient place sur le banc. L'OL se présentait en 4-3-3 avec Juninho, Diarra, Malouda au milieu et Fred, Wiltord, Govou en attaque. Côté milanais, la donne était assez simple : s'imposer pour continuer la balle aventure. Shevchenko, malheureux à l'aller face à un Coupet en état de grâce, se voyait proposer un nouveau compère en pointe puisque Inzaghi était préféré à Gilardino tandis que Costacurta cédait sa place sur le flanc droit de la défense à Stam.
Lyon débute bien
Le moins que l'on puisse dire est que Lyon ne réitérait pas son erreur du match aller. Timorés, voire impressionnés à Gerland, les Lyonnais attaquaient la rencontre par le bon bout à San Siro. Malgré deux petites opportunité signéés Inzaghi qui, à chaque fois, ne trouvait pas le cadre (12e, 16e), ce sont bien les coéquipiers de Juninho qui possèdaient la plus grande majorité du temps le cuir dans les pieds et qui obligeaient, en jouant très haut, les Milanais à abuser des longs ballons. Pressés, les Milanais étaient poussés à la faute et Dida faisait une nouvelle fois preuve de sa grande qualité de jeu au pied sur une passe en retrait. Un véritable trouage qui ne profitait malheureusement pas à Wiltord, un peu surpris (18e). Moins d'une minute plus tard, Dida allait cette fois nous montrer la bonne communication qui règnait avec ses défenseurs. Sur une longue ouverture pour Fred, le portier brésilien et Kaladze se gênaient. Le ballon revenait alors sur Malouda qui tentait un revers du pied gauche mais cela passait juste au-dessus de la transversale (19e).
Milan contre toute attente
La défense italienne était totalement bougée dans ces premières minutes et ne montrait pas de grands signes de sécurité. Pourtant, après un coup franc puissant de Juninho sur lequel Dida repoussait comme il pouvait (22e), c'est Milan qui ouvrait le score à la surprise générale. Fred perdait un ballon au milieu de terrain et permettait aux Milanais de se lancer à l'assaut du but de Coupet. Seedorf, décalé sur le flanc gauche déposait le ballon sur la tête d'Inzaghi qui ne manquait pas l'occasion (25e, 1-0). Un coup dur pour les Lyonnais et un but qui donnait des ailes aux Milanais. Mais un avantage au score qui ne durait que six minutes. Sur un coup franc de Juninho, Dida passait au-travers tandis que Cris et Fred se gênaient. Par chance, le ballon revenait sur Diarra, qui de la tête, égalisait (1-1, 31e).
Les supporters Lyonnais n'avaient même pas eu le temps de douter. Et Lyon repartait de plus belle face à des Milanais, loin de leur meilleur niveau. Juninho, d'un centre tir vicieux était même tout près de refroidir les tifosi italiens mais Dida, d'une belle claquette dégageait en corner (40e). Dans la foulée, Fred touchait du bois de la tête alors que le dernier rempart brésilien était aux paquerettes (41e).
Une fin de rencontre cauchemardesque
Forcément, avec ce score de 1-1 au retour des vestiaires, les minutes allaient être très longues pour tous les amoureux du football français. Surtout que Lyon rencontrait les pires difficultés à reprendre la conduite du jeu. Avec un Shevchenko, à côté de ses pompes et un Inzaghi souvent pris au piège du hors jeu, ce sont les joueurs du couloir gauche qui se montraient les plus dangereux côté italien. Mais que ce soit la frappe de Serginho, bien repoussé d'une main ferme par Coupet (59e) ou celle de Seedorf, non cadrée (62e), Milan n'arrivait pas à véritablement se mettre en position idéale.
Problème, hormis une belle frappe d'Abidal sur laquelle Dida ne se montrait pas irréprochable (56e), Lyon, non plus, ne parvenait pas à trouver des brèches dans la défense milanaise. Et plus le temps passait, plus Milan accentuait sa pression. Il fallait même un Wiltord, héroïque pour sauver de la tête, sur la ligne, une tête milanaise (75e). Lyon reculait de plus en plus et Gérard Houllier tentait même de bloquer le couloir gauche milanais, si percutant ce mardi soir, en faisant entrer Réveillère à la place de Govou. Malheureusement, à trop subir, Lyon craquait à quelques encablures du coup de sifflet final. Sur une enorme erreur d'appréciation d'Abidal. L'ancien Lillois se trouait complètement ce qui permettait à Shevchenko d'hériter du ballon. La frappe de l'Ukrainien heurtait les deux poteaux mais Inzaghi, en renard des surfaces, propulsait l'objet tant convoité au fond des filets de Coupet, accablé (2-1, 88e).
Un dénouement terrible pour les Lyonnais qui encaissaient même un troisième but sur une énième erreur individuelle. Clerc n'appuyait pas suffisamment sa passe pour Coupet. Le fantôme de Shevchenko n'en demandait pas tant pour enfin s'illustrer, dribler le portier rhodanien et pousser le ballon dans le but vide (3-1, 93e). Un but presque anecdotique. Lyon tombe, une nouvelle fois, en quarts de finale de la Ligue des Champions sans avoir réaliser un mauvais match. Quelle déception !
Résultats des quarts de finale retour
Mardi
Milan AC - Lyon 3-1 (aller : 0-0, Milan AC qualifié)
Villarreal - Inter 1-0 (aller : 1-2, Villarreal qualifié)
Mercredi
Juventus Turin - Arsenal
Barcelone - Benfica